Le DLSS 5 dans Metro Redux est un cadeau, à condition de pouvoir dire non
Une mise à jour discrète du DLSS 5 avec rendu neuronal pour Metro 2033 et Last Light Redux montre que l'IA peut raviver de vieux jeux. Préserver l'art d'origine exige un vrai bouton d'arrêt.
Photo : Benlisquare / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)
Qui doit décider de l'apparence d'un jeu vieux de douze ans: les artistes qui l'ont livré, ou un réseau de neurones persuadé de mieux savoir ? Metro Redux vient de rendre cette question très concrète.
Un correctif gratuit cachait son changement le plus important
La mise à jour gratuite nouvelle génération de 4A Games pour Metro 2033 Redux et Metro: Last Light Redux est disponible sur PC depuis le 22 octobre, les versions PlayStation 5 et Xbox Series X|S étant prévues le 29 octobre, selon l'annonce du studio. Le contenu annoncé pour PC comprenait la 4K, des fréquences d'images déverrouillées, le DLSS et l'audio spatial. Ce qui n'était pas annoncé, comme le rapporte Wccftech, c'est que 4A a discrètement ajouté le rendu neuronal NVIDIA DLSS 5, qui, selon le site, améliore grandement les visages des personnages.
Pour l'instant, nous n'avons que des descriptions de seconde main: tout ce qui suit sur l'aspect visuel relève donc de l'interprétation, non d'un verdict fondé sur nos propres yeux.
Les visages sont précisément là où les vieux jeux souffrent, et là où l'IA est risquée
Ce n'est pas un hasard si le principal progrès concerne les visages. Les modèles de personnages sont ce qui vieillit le plus mal dans un jeu de cette époque: peu de polygones, ombrage de la peau uniforme, regards éteints. Un moteur de rendu neuronal qui reconstruit des détails plausibles à cet endroit peut être une vraie avancée, du genre que les packs de textures offrent rarement.
Mais les visages sont aussi le lieu de la signature des auteurs. Un modèle entraîné à produire un résultat « joli » tire vers la moyenne de ce qui est joli. À notre avis, là est le danger: un Moscovite émacié, fatigué, un peu laid dans un tunnel était un choix de conception, et une version lissée de lui est un autre personnage. Un rappel joyeux que « mieux » et « fidèle » ne sont pas synonymes.
Un internaute d'un fil r/pcgaming affirme que le jeu est superbe avec le DLSS en mode Qualité et le rendu neuronal activé. Soit, mais c'est une anecdote de forum, et l'enthousiasme initial ne vaut pas une évaluation de la direction artistique.
La promesse de 4A fixe la barre
Voici l'élément utile: le studio s'est fixé son propre standard. L'annonce indique que la mise à jour apporte des améliorations sans renoncer à l'aspect et aux sensations authentiques des originaux, et Gamereactor rapporte que 4A souhaite préserver l'esthétique d'origine plutôt que de proposer un remake ou un remaster complet. C'est une promesse d'intention, et un rendu neuronal qui réécrit les visages est exactement ce qui pourrait la mettre à l'épreuve.
Nous ne pensons pas que 4A agisse de mauvaise foi. Les jeux Redux étaient déjà des remasters, et le studio offre la mise à jour aux propriétaires actuels. Mais qu'une fonction arrive discrètement dans un correctif présenté comme conservateur est, à notre avis, un problème de communication. Si la technologie est bonne, qu'on le dise haut et fort et qu'on laisse les gens juger.
Notre verdict: le livrer, l'étiqueter, le rendre optionnel
Le rendu neuronal sur de vieux jeux n'est pas une trahison. C'est la même logique que la mise à l'échelle des textures ou les mods de ray tracing, avec simplement plus de contenu produit par la machine. La préservation a toujours été un spectre, et certains joueurs accepteront volontiers le coup de jeune.
Ce qui compte, c'est l'interrupteur. Notre recommandation est simple:
- Les studios devraient proposer le rendu neuronal sous forme d'option clairement nommée, et non l'enfouir dans un réglage général du DLSS.
- Les notes de mise à jour devraient indiquer clairement quand l'IA génère ou modifie le contenu de l'image, et pas seulement quand elle la met à l'échelle.
- Les joueurs attachés à l'aspect d'origine devraient comparer avant de s'engager et garder le réglage désactivé comme référence.
Si ces conditions sont réunies, ce pourrait être le meilleur argument à ce jour pour dire que l'IA peut maintenir en vie les anciens jeux. Sinon, cela créera un précédent où chaque réédition écrase discrètement l'art qu'elle devait honorer. Metro Redux est un cadeau. Laissez-nous refuser l'emballage.
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