Evercade Nexus prouve que les jeux physiques survivent en vendant la propriété
Alors que la prochaine génération de consoles pourrait dépendre d’internet, la portable à cartouches de Blaze montre que sélection et propriété peuvent battre la puissance brute, si le catalogue continue de grandir.
Image générée par IA
Le dernier rempart des jeux physiques est-il vraiment une dalle de plastique dotée d’un écran de 5,89 pouces et d’une cartouche de Banjo-Kazooie ? Cela semble absurde, et pourtant l’Evercade Nexus pourrait être, en 2026, l’argument le plus honnête en faveur du support physique.
Ce que Blaze a réellement livré
Les faits sont simples. Comme l’a rapporté techkrams.de lors de l’annonce d’avril, la Nexus dispose d’un écran IPS de 5,89 pouces en 840 x 512, de deux sticks analogiques (une première pour une portable Evercade), d’un processeur quadricœur à 1,5 GHz et d’une batterie de 5 000 mAh. Elle lit les cartouches Evercade existantes et coûte 199,99 $ / 169,99 £. Il n’y a ni boutique d’applications ni prise en charge des ROM gratuites. Blaze compte plus de 80 cartouches et plus de 700 jeux sous licence officielle.
L’attraction principale est un double pack Banjo-Kazooie et Banjo-Tooie. GamesRadar+ qualifie la Nexus de meilleure portable rétro de Blaze à ce jour, tout en prévenant que certaines bizarreries du système d’exploitation pourraient pousser les joueurs vers des concurrentes basées sur l’émulation. Le mode veille manque encore, mais GamesRadar+ indique que Blaze a confirmé un correctif du firmware.
La puissance n’a jamais été le produit
Jugée comme un matériel, la Nexus perd, à notre avis. GamesRadar+ note lui-même qu’elle n’a ni dalle OLED ni sticks à effet Hall, et qu’elle risque de ne pas suivre, côté fonctionnalités, les portables d’émulation plus sophistiquées. Mais c’est la mauvaise grille de lecture. Personne n’achète une Evercade pour gagner une guerre de fiches techniques.
Ce que vend Blaze, c’est une étagère: des jeux sous licence, des manuels en couleurs, des boîtiers à charnière et le simple droit de posséder l’objet. C’est un produit sélectionné, fini et hors ligne. Un autre article de GamesRadar+ soutient que les entreprises qui laissent les joueurs « acheter, posséder et jouer » sans réserve méritent d’être soutenues. Nous partageons cet avis, avec une nuance: c’est l’opinion d’un chroniqueur, pas un verdict du marché.
Le calendrier joue en sa faveur. Ce même article cite un rapport de Fortune selon lequel la prochaine Xbox pourrait coûter entre 1 200 et 1 800 $ (non confirmé) et suggère que les jeux physiques pourraient disparaître des prochaines plateformes de Sony ou de Microsoft. Tout cela relève de la rumeur et de la spéculation. Le contraste n’en est pas moins frappant: un appareil à 200 $ avec de vraies cartouches face à un avenir possible de matériel cher et de dépendance à internet.
Le pari de la 3D est malin, et risqué
Le plus intéressant n’est pas l’écran, mais l’ambition. Les précédents appareils Evercade proposaient surtout du 8 et du 16 bits. Retro Gaming Crew souligne que la Nexus vise désormais l’époque N64/PS1, avec des versions sous licence adaptées au système plutôt que les sorties N64 d’origine. Format panoramique, caméra retravaillée et prise en charge des deux sticks: ce soin-là, un dossier de ROM ne vous l’offrira jamais.
C’est l’argument de fond: la sélection comme savoir-faire. Mais les licences jouent dans les deux sens. La Nexus ne peut lire que ce que Blaze parvient à licencier, et beaucoup de joueurs possèdent déjà des piles de jeux qu’ils préféreraient lancer ailleurs. La plateforme est un jardin clos, accueillant, mais clos.
Les collectionneurs ne gagnent que si l’étagère continue de se remplir
Voici notre verdict. La Nexus est un bon pari pour ceux qui tiennent à la propriété, et une évolution raisonnable si vous êtes déjà dans l’écosystème des cartouches. Si vous voulez tout jouer, achetez une portable d’émulation, sans culpabiliser.
Mais le risque est évident. Un appareil de collectionneur ne vaut que par les sorties de l’année prochaine. Un seul double pack phare ne fait pas une décennie. Blaze a besoin d’un flux régulier de jeux de l’ère 3D, pas seulement de compilations d’arcade en 2D, sinon la Nexus deviendra un joli boîtier pour une seule cartouche Banjo. La rétrocompatibilité aide, puisque le catalogue existant suit. Il n’en reste pas moins que le catalogue doit continuer de grandir.
S’il le fait, le dernier rempart du support physique pourrait devenir une niche discrète et durable, et c’est peut-être la seule forme sous laquelle il pouvait survivre.
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